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Politique

Moussa Kalema répond à Exodus Lukombo : « Le débat sur le 3è mandat de Félix Tshisekedi caché derrière des velléités de toucher à la constitution révèle les fractures d’un pouvoir en dérive»

Le débat autour du changement, modification ou non de la constitution congolaise prendre une autre dimensions. Après les récents propos de la communicatrice du régime a pouvoir, Exodus Lukombo, contre Martin Fayulu, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, Président National du PVR, réagit en dénonçant ce qu’il considère comme une campagne orchestrée par le pouvoir pour préparer l’opinion à un changement de Constitution et à un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Entre critique de la gouvernance actuelle, contestation du processus électoral et mise en garde contre toute dérive institutionnelle, ce membre du bureau politique du FCC appelle l’opposition congolaise en général à sortir de l’ambiguïté et à défendre fermement l’alternance démocratique.

TRIBUNE

RDC : LE DÉBAT SUR LE TROISIÈME MANDAT RÉVÈLE LES FRACTURES D’UN POUVOIR EN DÉRIVE

Les déclarations d’Exodus Lukombo contre Martin Fayulu constituent une nouvelle preuve des tensions politiques grandissantes depuis les signaux envoyés par le président Félix Tshisekedi autour d’un éventuel changement de la Constitution et d’un troisième mandat.
Depuis plusieurs mois, le pouvoir a visiblement lancé une armada de communicateurs politiques chargés de préparer l’opinion publique à cette aventure institutionnelle dangereuse.

Malheureusement pour eux, beaucoup se distinguent davantage par l’agitation médiatique que par la profondeur politique ou la maîtrise des enjeux républicains.
Notre devoir, en tant qu’opposition républicaine, est aussi de recadrer ce débat.
Personne ne peut sérieusement soutenir que les dernières élections présidentielles se sont déroulées dans un climat de transparence totale et d’égalité démocratique parfaite. Le chaos organisationnel observé, les votes prolongés durant plusieurs jours, les nombreuses irrégularités dénoncées par des missions d’observation et la contestation persistante des résultats ont profondément fragilisé la crédibilité du processus électoral.


Sans vouloir défendre aveuglément Martin Fayulu, il faut reconnaître que ses hésitations stratégiques et certaines erreurs politiques ont affaibli sa capacité de mobilisation. Mais prétendre réduire son poids politique à un simple pourcentage électoral dans un scrutin aussi contesté relève davantage de la propagande que d’une lecture honnête de la réalité congolaise.


Après cinq années marquées par :
des violations répétées de l’esprit de la Constitution ;
une gouvernance au bilan fortement contesté ;
le retour dramatique de l’insécurité et de la guerre à l’Est ;
la montée de l’humiliation diplomatique du Congo ;
des accords internationaux opaques ;
et une crise sociale persistante,
le pouvoir devrait privilégier l’humilité plutôt que l’arrogance politique.


Beaucoup de Congolais estiment aujourd’hui que sans une Commission électorale fortement contestée et un appareil institutionnel largement acquis au pouvoir, l’issue électorale aurait pu être différente.


Le plus inquiétant reste cependant la tentative progressive de banalisation du débat sur le changement de Constitution.
L’histoire africaine nous enseigne que les modifications constitutionnelles motivées par les ambitions personnelles conduisent souvent à l’instabilité, aux fractures nationales et aux crises de légitimité.
La Constitution ne doit pas devenir un instrument au service d’un homme, d’un clan ou d’un projet de conservation du pouvoir.


Ceux qui encouragent aujourd’hui un troisième mandat au mépris des tensions déjà visibles dans le pays prennent une lourde responsabilité devant l’Histoire.
Le Congo n’a pas besoin d’un retour aux pratiques du pouvoir absolu ni d’une présidence à vie déguisée sous des artifices juridiques ou populistes.


Quant à Martin Fayulu, il doit lui aussi tirer les leçons du passé. L’opposition ne peut survivre dans l’ambiguïté permanente. On ne peut avoir un pied dans l’opposition et un autre dans les calculs de rapprochement avec le pouvoir.


Face à l’agressivité politique de certains communicateurs de l’Union sacrée, l’opposition doit retrouver une ligne claire, cohérente et combative sur le terrain démocratique et républicain.


Car au-delà des individus, l’enjeu réel est la défense de l’État de droit, de l’alternance démocratique et de l’unité nationale.
Le peuple congolais doit rester vigilant.
La RDC traverse une période géopolitique, sécuritaire et institutionnelle extrêmement sensible. Toute aventure constitutionnelle mal inspirée pourrait ouvrir une période de graves turbulences politiques dont personne ne maîtrise les conséquences.

Fait à Kinshasa le 10 mai 26

Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National du PVRratique ainsi que l’unité nationale.

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