À la faveur du débat sur la loi référendaire, Moussa Kalema pense que certains tentent d’installer une dangereuse confusion. Pour lui, cela vise justement à faire croire que les failles d’un texte législatif ouvriraient la voie à une remise en cause de la Constitution. Dans cette tribune, il avertit que « cette manœuvre doit être dénoncée avec force ».
TRIBUNE
Il faut avoir le courage de nommer les choses.
Ce qui se joue aujourd’hui autour de la loi référendaire n’est pas un simple débat juridique.
C’est une bataille politique. Une bataille pour ou contre la stabilité de notre ordre constitutionnel.
D’un côté, des juristes sérieux, à l’image du Professeur Paul-Gaspard Ngondankoy, qui posent un diagnostic clair : la loi de 2005 est insuffisante, inadaptée, dépassée. Elle doit être révisée, modernisée, remplacée.
De l’autre, une catégorie d’acteurs politiques qui, incapables de soutenir une réflexion juridique rigoureuse, tentent un glissement dangereux : transformer une faiblesse législative en argument pour fragiliser la Constitution elle-même.
Disons-le sans détour :
c’est une manipulation.
Car en droit, la hiérarchie des normes est sans ambiguïté :
la Constitution est au sommet. Les lois ne sont que des instruments d’application.
Quand une loi est mauvaise, on la corrige.
Quand une loi est incomplète, on la complète.
Mais on ne change pas la Constitution pour compenser l’incapacité de produire de bonnes lois.
Vouloir faire croire le contraire, c’est soit ignorer les bases du droit, soit chercher délibérément à tromper le peuple.
Et le peuple congolais mérite mieux que cela.
La Constitution de 2006 n’est pas un texte circonstanciel.
Elle est le fruit d’un consensus national, d’une histoire douloureuse et d’une volonté collective de stabiliser les institutions.
La fragiliser aujourd’hui, au prétexte d’un débat mal compris sur la loi référendaire, c’est jouer avec le feu.
C’est ouvrir la porte à l’instabilité.
C’est banaliser la remise en cause des règles du jeu.
C’est installer l’idée qu’à chaque difficulté, il faudrait changer les fondations au lieu de réparer les murs.
Ce raisonnement est non seulement dangereux il est irresponsable.
Car un État sérieux ne bricole pas sa Constitution au gré des opportunités politiques.
Un État sérieux respecte sa Constitution et se donne les moyens de l’appliquer correctement.
La vérité est simple :
Le problème aujourd’hui en République démocratique du Congo n’est pas la Constitution.
Le problème, c’est le manque de volonté politique pour produire des lois cohérentes, modernes et conformes à celle-ci.
Et tant que cette responsabilité ne sera pas assumée, certains continueront à chercher des boucs émissaires, y compris en s’attaquant à la norme suprême.
Mais qu’ils le sachent :
la Constitution n’est pas une variable d’ajustement.
Elle n’est pas un instrument de circonstance.
Elle est le socle de la République.
Et ce socle doit être défendu avec fermeté.
Quand les lois sont faibles, on les corrige ; quand les ambitions sont dangereuses, on les dénonce.
La Constitution n’est pas un jouet politique.
Kinshasa, le 30 mars 2026
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR)






