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Tribune

Accords migratoires et souveraineté nationale : pour une approche prudente et concertée en RDC (Par Moussa Kalema)

Alors que des discussions sont évoquées autour d’un éventuel accueil de migrants en provenance des États-Unis, le débat s’invite au cœur des enjeux de souveraineté et de stabilité nationale en République démocratique du Congo. Dans cette tribune, Moussa Kalema Sangolo-Zaku appelle à une approche prudente, encadrée et pleinement concertée, insistant sur la nécessité de préserver les équilibres internes du pays et de garantir un strict respect des intérêts stratégiques nationaux.

TRIBUNE

Dans la conduite des affaires de l’État, certaines décisions exigent une vigilance particulière, en raison de leurs implications profondes sur la souveraineté, la cohésion nationale et la stabilité institutionnelle.

Les récentes déclarations du ministre Patrick Muyaya, apportant des éclaircissements sur les discussions éventuelles relatives à l’accueil de migrants en provenance des États-Unis, invitent à une réflexion sereine, dépassionnée et rigoureuse.

Il ne s’agit nullement de remettre en cause le principe de coopération internationale, auquel la République démocratique du Congo demeure attachée. Bien au contraire, notre pays a toujours affirmé sa volonté de s’inscrire dans une dynamique de partenariat équilibré, respectueux du droit international et des engagements réciproques.

Cependant, la spécificité du contexte congolais appelle à la prudence. La situation sécuritaire persistante dans la partie orientale du pays, marquée par des défis complexes d’ordre sécuritaire, humanitaire et communautaire, impose une gestion particulièrement attentive de toute question liée aux flux migratoires. À cela s’ajoutent des enjeux internes de cohésion sociale qui nécessitent d’être consolidés dans la durée.

Dans ce cadre, toute initiative susceptible d’introduire de nouveaux paramètres migratoires doit faire l’objet d’une évaluation approfondie, fondée sur des données objectives, des garanties claires et une anticipation rigoureuse des impacts à court, moyen et long terme.

L’expérience internationale enseigne que les accords de cette nature, lorsqu’ils ne sont pas suffisamment encadrés, peuvent générer des effets non anticipés. À cet égard, des situations historiques, telles que celle de Guantánamo à Cuba, rappellent l’importance pour les États de préserver, en toutes circonstances, la maîtrise de leurs engagements et de leur territoire.

C’est pourquoi une telle question mérite d’être pleinement inscrite dans le cadre des mécanismes institutionnels prévus par la Constitution. Le rôle du Parlement, en tant qu’organe de représentation nationale et de contrôle de l’action gouvernementale, apparaît ici essentiel. Un débat ouvert, transparent et inclusif permettrait d’éclairer l’opinion publique et de renforcer la légitimité des décisions prises.

Par ailleurs, la contribution des forces vives de la nation partis politiques, organisations de la société civile, confessions religieuses, notamment l’Église catholique et l’Église du Christ au Congo (ECC) constitue un élément déterminant pour nourrir une réflexion collective apaisée et constructive.

Enfin, au-delà des considérations conjoncturelles, cette question renvoie à une exigence permanente : celle de préserver l’héritage et les principes fondamentaux qui fondent notre État. À cet égard, la mémoire de Patrice Lumumba continue d’inspirer une vision exigeante de la souveraineté, de la dignité nationale et de la responsabilité des dirigeants publics.

La République démocratique du Congo, forte de son histoire et de ses aspirations, a les ressources nécessaires pour aborder ces enjeux avec discernement, dans le respect de ses intérêts fondamentaux et de ses engagements internationaux.

« Coopération internationale, oui, mais dans le respect strict de la souveraineté et des réalités nationales : la RDC doit privilégier une approche prudente, transparente et concertée sur toute question migratoire sensible. »

Fait à Kinshasa, le 06/04/2026

Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président national Membre du Bureau politique du Parti des Vertus Républicaines (PVR)

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